Pour tous, la nuit a été courte. Nous sommes le samedi 17 novembre et après des semaines d’espoir ponctuées de déception c’est notre « jour J ». Le contact que nous avons eu hier avec les Pathfinders nous a permis de les localiser en Croatie presqu’à la frontière de la Bosnie. Ils doivent reprendre la route tranquillement ce matin pour arriver à Rajlovac une heure ou deux avant le reste de l’équipe.
A Franceville, c’est à 4 heures du matin que Patrick D, Pierre, Jean-Pierre 2 et Olivier embarquent dans la voiture de Béatrice. Seul maillon du team SNAFU à rester en France pour assurer les liaisons logistiques et les contacts avec les administrations et les ambassades, Béatrice a voulu accompagner jusqu’à l’aéroport l’équipe avec laquelle elle partage joies et inquiétudes depuis des semaines.
A Roissy, Jean-Pierre 1 et Sylvain (tous deux en provenance de l'Aisne) rejoignent les autres.
Lors des formalités d’embarquement, Pierre manque de rester sur le tarmac car sa valise monobloc à ceinture aluminium et coque haute densité le tout garanti 10 ans (d’après ce qu’il nous a dit) pèse 6 kg de plus que le poids maximum autorisé. Heureusement d’autres bagages pèsent moins lourd et il n’est pas obligé d’abandonner sur place une partie des vêtements, cagoules, gants, chaussettes et autres effets qu’il a emportés (à coup sûr dans le cadre d’une étude pour « que choisir » sur les expéditions polaires). L’équipe fera escale à Budapest à l’exception de Patrick D. dont le billet a été pris plus tard et qui fait quant à lui escale à Vienne. Vol sans histoire, sécurité draconienne (même un peu trop pointilleuse) à Budapest et arrivée à 14h40 à Sarajevo que l’on découvre sous une neige épaisse. Le Colonel Pierre Arnold, attaché militaire de l’ambassade de France nous attend en compagnie de Monsieur Linneman, administrateur civil allemand de la base de Rajlovac. Patrick D. arrive un quart d’heure après nous et nous embarquons tous avec nos bagages dans le minibus Allemand pour prendre la route vers Rajlovac. Les Pathfinders restent injoignables au téléphone malgré des appels répétés. Les routes sont relativement dégagées et nous progressons à allure constante. Déjà nous sommes en vue de la base. Chicanes d’entrée, poste de garde tenu par des Albanais, encore quelques mètres et la bas à droite, au loin dans la neige « notre » avion, le SNAFU special, autour duquel s’agitent trois petites silhouettes rouges. Les pathfinders sont arrivés et ils sont déjà au travail en train de dégager les ailes de leur blanc manteau. Nous les rejoignons et nous nous congratulons. De vraies retrouvailles. Ils ne pouvaient répondre à nos appels les gardes Albanais leur ayant confisqué les téléphones portables. Ils nous racontent leur périple pendant que nous repartons avec M. Linneman vers les quartiers qui vont nous être attribués. Il s’agit d’un bâtiment aussi proche que possible de l’avion et contigu au hangar où nous comptons pouvoir transporter les pièces détachées. Les chambres sont simples mais propres. Hans dont la connaissance de l’Allemand fait merveille est chargé de collecter toutes les informations utiles pour la vie au quotidien : lieux et heures des repas, connexion internet, etc. Pendant ce temps, malgré le jour qui descend déjà, l’équipe se rend auprès de l’avion comme pour une prise de contact avant l’action. Avec ses trente mètres d’envergure, il en impose et chacun doit se demander en son for intérieur si nous arriverons au terme du challenge. Mais ce soir tout le monde est fatigué. Nous partons dîner à 18h45 (le réfectoire arrête de servir à 19 heures) et nous rentrons dormir pour récupérer. Le froid est très vif, le sol gelé et glissant. Demain mieux vaudra être bien couvert.
Olivier Paz